Quelle structure mauricienne créer pour votre activité en 2026 : GBC (Global Business Company), Authorised Company ou Domestic Company ? La question revient dans 9 appels découverte sur 10. Et la réponse n’est jamais « ça dépend », elle dépend de critères précis et chiffrables : origine de vos revenus, géographie de vos clients, conventions fiscales à activer, substance que vous êtes prêt à mettre en place, et budget annuel.
Ce guide est une matrice de décision opérationnelle : on définit chaque structure, on les compare ligne par ligne, on les met à l’épreuve sur 4 profils d’entrepreneurs types, et on vous donne notre arbre de décision en fin d’article. Pas de « consultez votre expert-comptable » sans rien dire d’autre : des chiffres, des cas, des sources.
Avertissement YMYL : ce contenu est informatif et n’est pas un conseil personnalisé. La structure adaptée à votre projet dépend de votre situation fiscale globale (résidence, type d’activité, clients, conventions applicables). Notre cabinet accompagne dans cette décision avec des partenaires comptables et juridiques agréés à Maurice (MIPA, FSC).
En bref : les 3 structures en une phrase
- Domestic Company → société mauricienne « classique », pensée pour faire des affaires à Maurice et avec les pays partenaires. IS 15 %, full accès aux 45+ conventions fiscales de Maurice. Pas d’agrément FSC requis.
- Global Business Company (GBC) → société sous licence FSC, dédiée aux activités internationales (clients/revenus principalement hors Maurice). IS 15 % avec mécanisme de Partial Exemption ramenant le taux effectif à ~3 % sur certains revenus. Accès aux conventions fiscales conditionné par la substance économique.
- Authorised Company → société non résidente fiscalement à Maurice, faite pour les holdings et activités 100 % hors Maurice. 0 % d’impôt à Maurice (mais imposable dans le pays de gestion effective). Pas d’accès aux conventions fiscales mauriciennes.
Le bon choix dépend de trois questions :
- Vos clients sont-ils majoritairement à Maurice ou à l’international ?
- Voulez-vous accéder aux conventions fiscales mauriciennes (notamment celle avec la France) ?
- Quel niveau de substance économique êtes-vous prêt à mettre en place ?
1. Domestic Company : la structure « classique »
Définition
C’est une société constituée selon le Companies Act 2001 mauricien, sans licence particulière de la FSC. Elle peut opérer librement à Maurice et avec n’importe quelle juridiction. Son régime fiscal est celui de droit commun.
Régime fiscal
- Impôt sur les sociétés : 15 % (taux unique, sans progressivité)
- Pas d’impôt sur les plus-values mobilières
- Pas de retenue à la source sur les dividendes sortants (vers actionnaires non-résidents)
- TVA (VAT) à 15 % si CA > 6 M MUR (~120 000 €)
- Accès automatique aux 45+ conventions fiscales de Maurice (France, Belgique, Suisse, RU, Inde, Afrique du Sud, etc.)
Substance requise
Minimale : un siège social à Maurice (souvent fourni par le cabinet), au moins un administrateur résident mauricien, comptabilité tenue à Maurice. Pas d’employé obligatoire si l’activité ne le requiert pas réellement.
Pour qui ?
- Entrepreneur qui s’installe physiquement à Maurice et veut servir un mix client local + international
- Activité de conseil, services, freelance, e-commerce, agence
- Quelqu’un qui veut bénéficier des conventions fiscales (notamment France-Maurice pour rapatrier des dividendes)
- Budget : 3 600 €/an (notre offre standard) pour la gestion complète
Avantages
- Simplicité : pas de licence FSC à demander
- Accès aux conventions fiscales sans condition supplémentaire
- IS à 15 % flat (vs 25-33 % en France, Belgique, Allemagne)
- Substance minimale acceptable
- Mise en place rapide : ~3-5 semaines
Limites
- Taux effectif d’IS de 15 % (vs ~3 % pour GBC sur certains revenus)
- Pas d’optimisation supplémentaire via Partial Exemption
- Pas adapté pour des activités de holding pure ou des montages purement internationaux
2. Global Business Company (GBC) : la structure internationale optimisée
Définition
La GBC est une société constituée sous le Companies Act 2001 avec une licence Global Business délivrée par la FSC (Financial Services Commission). Elle est conçue pour des entreprises dont l’activité et les revenus sont principalement hors Maurice.
Régime fiscal
- Impôt sur les sociétés : 15 % (taux nominal identique à la Domestic)
- Mais mécanisme de Partial Exemption : 80 % d’exemption sur certains revenus → taux effectif d’~3 %
- Revenus éligibles à la Partial Exemption : dividendes étrangers (sous conditions), intérêts étrangers, revenus de location de navires/aéronefs, royalties (sous conditions strictes depuis 2019), revenus de gestion d’actifs collectifs, etc.
- Pas de retenue à la source sortante
- Accès aux conventions fiscales mauriciennes conditionné à la substance (voir ci-dessous)
Substance économique : non négociable
Depuis 2019 et le durcissement post-BEPS de la FSC, une GBC sans substance perd son régime fiscal préférentiel et son accès aux conventions. Les exigences :
- Au moins 2 administrateurs résidents fiscaux mauriciens (peut inclure le founder s’il devient résident)
- Dépenses opérationnelles minimales à Maurice (proportionnelles à l’activité, en pratique souvent > 12 000 USD/an minimum selon la nature)
- Board meetings tenus physiquement à Maurice (procès-verbaux à l’appui)
- Comptes bancaires principaux ouverts à Maurice
- Employés ou équivalent en services à Maurice si l’activité le justifie
- Bureau physique ou domiciliation qualifiée
C’est ce que la FSC appelle « core income-generating activities » (CIGA), les fonctions clés qui génèrent le revenu doivent réellement être exercées à Maurice.
Pour qui ?
- Activité 100 % ou majoritairement internationale avec clients hors Maurice
- Holding internationale (détention de participations dans plusieurs pays)
- Activité financière, gestion d’actifs, IP licensing
- Volume de revenus suffisant pour absorber la substance économique (en pratique : CA > 200 k€/an pour que le ROI soit positif vs Domestic)
- Founder prêt à transférer sa résidence fiscale OU à employer une équipe locale qualifiée
Avantages
- Taux effectif d’IS pouvant descendre à ~3 % sur les revenus éligibles
- Image internationale + accès aux conventions fiscales (sous condition de substance)
- Statut reconnu sur les places financières (banques, contreparties, investisseurs)
Limites
- Coûts annuels plus élevés : licence FSC ~1 800 USD/an + substance (admins résidents, locaux, dépenses) → total ~8 000-15 000 USD/an minimum
- Délais de mise en place : 6-10 semaines (incluant l’agrément FSC)
- Conformité renforcée : reporting FSC, comptes audités obligatoires, économique substance test annuel
- Notre tarif : 5 600 €/an (offre régime préférentiel) pour la gestion complète, éligibilité à valider selon l’activité
3. Authorised Company : la holding pure
Définition
L’Authorised Company est une société constituée à Maurice mais considérée comme non résidente fiscalement à Maurice. Elle est destinée à des activités exclusivement hors Maurice, sans accès au marché local.
Régime fiscal
- 0 % d’impôt à Maurice (la société n’y est pas résidente)
- Mais imposable dans le pays de gestion effective (généralement où le founder réside ou où la société est réellement pilotée)
- PAS d’accès aux conventions fiscales mauriciennes
- Pas de comptes audités obligatoires (mais comptabilité requise)
Substance requise
Beaucoup plus légère qu’une GBC :
- Un agent enregistré à Maurice
- Pas d’administrateur résident obligatoire
- Pas de board meeting à Maurice
Pour qui ?
- Holding patrimoniale d’un résident fiscal étranger qui veut centraliser ses participations dans une structure neutre
- Activité 100 % hors Maurice où l’accès aux conventions n’est PAS nécessaire (rares)
- Founder qui reste fiscalement résident ailleurs et veut juste une structure de détention simple, à coût bas
Limites majeures
- Pas de conventions fiscales : pas d’optimisation des retenues à la source entre pays
- Imposable dans le pays de gestion effective : si le founder vit en France, l’Authorised peut être qualifiée résidente fiscale française et imposée en France
- Profil de risque réglementaire : depuis BEPS, les Authorised sont vues d’un œil très critique par les administrations fiscales européennes (souvent qualifiées de « conduits »)
- Image moins favorable auprès des banques internationales
⚠️ Notre avis honnête : dans 90 % des cas, l’Authorised Company n’est PAS le bon choix pour un entrepreneur francophone. C’est une structure de niche très spécifique. Si quelqu’un vous la propose comme solution principale, demandez pourquoi pas une Domestic ou GBC.
4. Tableau comparatif synthétique
| Critère | Domestic Company | GBC (Global Business) | Authorised Company |
|---|---|---|---|
| Licence FSC | Non | Oui (Global Business Licence) | Non (mais autorisation FSC requise) |
| Taux IS à Maurice | 15 % | 15 % nominal (~3 % effectif avec Partial Exemption) | 0 % |
| Imposable où ? | À Maurice | À Maurice | Dans le pays de gestion effective |
| Conventions fiscales accessibles | Oui (toutes) | Oui (sous substance) | Non |
| Retenue à la source sortante (dividendes) | 0 % | 0 % | 0 % |
| Plus-values mobilières | 0 % | 0 % | 0 % |
| TVA à 15 % | Oui si CA > 6 M MUR | Non (activité internationale) | Non |
| Comptes audités obligatoires | Si seuils dépassés | Oui (systématique) | Non |
| Administrateurs résidents requis | 1 minimum | 2 minimum résidents fiscaux | Aucun |
| Substance économique requise | Minimale | Forte (CIGA, dépenses, locaux) | Très faible |
| Délai de constitution | 3-5 semaines | 6-10 semaines | 2-4 semaines |
| Coût annuel total estimé (cabinet + gov) | ~3 600-4 500 € | ~5 600-15 000 € | ~2 500-4 000 € |
| Usage typique | Entrepreneur résident Maurice, freelance, conseil, e-com | Holding internationale, IP, gestion d’actifs, activité hors Maurice | Holding patrimoniale d’un non-résident |
5. Quatre profils d’entrepreneurs, quatre recommandations
Profil A : le consultant indépendant qui s’expatrie
Pierre, 35 ans, consultant en stratégie. CA 180 k€, clients européens et africains. Transfère sa résidence à Maurice.
→ Domestic Company. Pas besoin de la complexité GBC. Pierre devient résident mauricien, sa société paie 15 % d’IS à Maurice, il se verse un salaire raisonnable (imposé à Maurice à taux progressif modeste), et les dividendes sortants ne sont pas retenus à la source. Coût annuel total ~3 600 €. Économie vs structure française : ~40 k€/an.
Profil B : la SaaS internationale à 1 M€ de CA
Marc, 38 ans, fondateur d’une SaaS B2B. CA 1 M€, clients dans 12 pays, 4 employés full-remote, IP centralisée.
→ GBC avec substance réelle. Marc transfère sa résidence (ou embauche un dirigeant exécutif local), met en place 2-3 employés à Maurice pour les fonctions support/finance/admin, ouvre un bureau. Le taux d’IS effectif passe à ~3 % sur les revenus de licensing IP éligibles. Coût annuel ~12 000 € mais ROI massif sur 1 M€ de CA.
Profil C : l’e-commerçant qui vit en France
Sophie, 32 ans, vit à Lyon, gère son e-shop. CA 250 k€, clients européens, elle ne veut pas déménager.
→ Aucune des trois. Sophie est et reste résidente fiscale française. Créer une société à Maurice serait soit (a) qualifiée d’établissement stable français → imposée en France quand même, soit (b) un montage abusif → PPT activé, redressement. Honnêtement, le bon conseil pour Sophie c’est de rester en France ou d’envisager une vraie expatriation.
Profil D : le retraité-investisseur qui veut une holding
Jean-Luc, 58 ans, vit à Monaco, a vendu sa boîte 8 M€. Veut centraliser ses investissements (immobilier, private equity, crypto) dans une structure neutre.
→ Authorised Company envisageable, MAIS attention : la résidence monégasque doit être bien établie et reconnue, sinon la France peut requalifier. Dans ce cas spécifique, une Authorised sert vraiment de simple véhicule de détention sans activité opérationnelle. Coût ~3 000 €/an. Alternative : Domestic Company qui donne accès aux conventions fiscales (utile pour les investissements internationaux).
6. Arbre de décision (en 4 questions)
Q1 : Êtes-vous (ou allez-vous devenir) résident fiscal mauricien ?
- ✅ Oui → continuer
- ❌ Non → STOP. Avant tout le reste, traitez votre résidence. Sans résidence mauricienne effective, vous risquez l’établissement stable + abus de droit dans votre pays actuel. Voir notre article sur l’expatriation.
Q2 : Vos revenus / clients sont-ils principalement à Maurice ou avec les pays sous convention (France, etc.) ?
- ✅ Oui (mix local + international) → Domestic Company.
- ❌ Non, activité 100 % internationale → continuer.
Q3 : Êtes-vous prêt à mettre en place une substance économique réelle à Maurice (2 admins résidents, dépenses opérationnelles, board meetings, locaux) ?
- ✅ Oui → GBC. Vous bénéficiez du taux effectif ~3 % sur revenus éligibles.
- ❌ Non, pas la capacité ou le volume → continuer.
Q4 : Êtes-vous résident fiscal d’un pays qui ne va pas requalifier la structure (Monaco, Émirats, etc.) et acceptez-vous de perdre l’accès aux conventions fiscales mauriciennes ?
- ✅ Oui → Authorised Company possible.
- ❌ Non → revenir à la case Domestic (avec adaptation) ou abandonner le projet Maurice.
7. Pièges classiques à éviter
- Choisir une GBC pour le taux ~3 % sans avoir la substance → la FSC refuse le renouvellement de licence, le pays du founder requalifie, redressement.
- Penser qu’une Authorised évite l’impôt en France → si vous gérez la société depuis la France, elle est résidente fiscale française. Le « 0 % à Maurice » est juste un piège marketing dans ce cas.
- Sous-estimer les coûts annuels d’une GBC → la licence FSC, les admins, l’audit obligatoire, le local : c’est 8-15 k€/an minimum. Sur un CA de 100 k€, le ROI est nul.
- Faire le mauvais choix au départ → migrer d’une Domestic vers une GBC (ou inversement) est lourd et coûteux. Prenez 2 heures avec un fiscaliste pour bien décider AVANT.
- Confondre Authorised Company et Authorised Company : il existe une terminologie historique floue avec les anciennes GBC2 (abolies en 2019). En 2026, les seules structures actives sont : Domestic, GBC (ex-GBC1), et Authorised Company.
8. Notre méthode chez CAP Maurice
À l’appel découverte, on vous pose 7 questions qui suffisent à déterminer la bonne structure :
- Où vivrez-vous physiquement les 12 prochains mois ?
- D’où viennent (et viendront) vos clients ?
- Quel CA réel ou projeté à 12 mois ?
- Avez-vous des participations ou IP existantes à apporter ?
- Êtes-vous résident fiscal d’un pays avec convention France-Maurice (ou équivalent) ?
- Avez-vous la capacité à embaucher localement à Maurice ?
- Quel budget annuel êtes-vous prêt à allouer à la structure ?
À partir de ces réponses, on vous dit en 30 minutes quelle structure est adaptée, et combien ça coûte tout inclus. Réserver un appel découverte, gratuit, sans engagement.
Sources et références officielles
- Mauritius Companies Act 2001 : supremecourt.govmu.org
- Mauritius Income Tax Act : mra.mu/legislations
- Financial Services Commission (FSC), Global Business Licence rules : fscmauritius.org
- Partial Exemption regime (Income Tax Act, Second Schedule) : MRA
- Substance requirements (CIGA) post-2019 : FSC Guidance Notes
- OCDE BEPS Action 5 (substantial activity requirements) : oecd.org/tax/beps
- Multilateral Instrument (BEPS Action 6) appliqué à la convention France-Maurice : voir notre guide Convention fiscale France-Maurice 2026
Article rédigé par Quentin, fondateur de CAP Maurice. Mis à jour le 26 mai 2026. Pour évaluer quelle structure correspond à votre projet, réservez un appel découverte gratuit.

